Voilà, c'est fait, les 6 mois de parcours pré-opératoire sont passés. J'ai vu lundi l'endocrinologue qui m'a confirmé que mon dossier passerait à la prochaine commission, quelque part d'ici la fin du mois.
6 mois de parcours, c'est quoi ?
Déjà, ce sont trois journées d'hospitalisation intenses, avec une foule d'examens pour vérifier les constantes, les taux d'hormones, vitamines et autres machins divers et variés, le foie, la capacité respiratoire... Puis, dans les mois qui suivent, le cœur, les dents, la gynécologie (pour les dames), et approfondir les informations collectées pendant les trois jours. Bref, un check up complet du bestiau. Mais aussi, durant les trois jours, les premiers éléments de nutrition qui doivent nous permettre de changer durablement notre comportement alimentaire. Et un premier entretien avec la psy, sur notre histoire de poids, qui est bien sûre en étroite corrélation avec notre histoire de vie...
Ensuite, ce sont des réunions en petit groupe, deux avec la psy et deux avec la diététicienne. La première a pour objectif de nous apprendre à lâcher prise sur le regard des autres, à renouer avec notre image corporelle, à retrouver une certaine estime de soi. Ce travail, le cas échéant, peut nécessiter des entretiens individuels pour aider à débloquer certaines situations, certains réflexes, à nous déconditionner, d'une certaine façon. Mais surtout à mieux nous prémunir contre les agressions extérieures. La seconde nous amène au fil des 3 jours puis des 6 mois, à manger plus lentement, à mieux écouter notre corps et à déculpabiliser. Le secret, ce n'est pas de manger ceci ou d'éviter cela, mais d'écouter ce que nous dit notre corps, ses envies, qui traduisent ses besoins, et de le nourrir de la façon qu'il nous demande, quand il le demande, et dans la quantité qu'il demande.
Le travail psy peut être très déstabilisant. Dans mon cas il a été extraordinairement libérateur et m'a permis de dépasser enfin ce sur quoi je butais depuis des années. Tout n'est pas terminé, bien sûr, mais le premier pas est fait, et je n'ai aucune intention de revenir en arrière !
L'approche diététique a sans doute été plus déroutante pour moi, même si tout aussi enthousiasmante. Après 40 ans à me faire marteler des préceptes gourouisants sur la façon dont je devrais manger, pour la première fois, on me dit de me faire confiance, que mon corps sait ce dont il a besoin à tel ou tel moment, et qu'il est le mieux à même de décider. Et vous savez quoi ? Ça marche. Au début, j'ai perdu un peu de poids, même si des petits soucis médicaux m'ont tout fait reprendre. Mais je ne suis pas inquiète : la base est là, bien ancrée, et plus que satisfaisante, et le poids repris est à nouveau en train de redescendre.
Le dernier point, et non des moindres, c'est la remise en activité. Et ce point-là m'a fait prendre conscience de ce que je ne voyais pas : toutes les stratégies de contournement que j'avais mises en place pour éviter les situations délicates (essoufflement, fatigue musculaire, lenteur, gêne aux mouvements...). En fait, j'ai vraiment pris conscience à quelle point j'étais grosse et à quel point c'était problématique pendant cette période. Paradoxalement, alors que j'ai une image de moi-même mieux intériorisée, j'ai aussi développé un regard un peu plus dur sur mon corps. Je ne dirai pas moins bienveillant : je me rends compte que ce n'était pas de la bienveillance, mais une forme de déni, que je vivais auparavant. Du coup, je suis encore plus motivée s'il en était besoin pour perdre cette fichue gangue de graisse et retrouver de la mobilité et de la vitalité.
Que dire de ces 6 mois ? Ils ont été porteurs d'un immense bouleversement de mon approche de moi-même et des autres, de changements profonds dans mes habitudes. Ils ont vu la mise en place de petits rituels. Un retour à un soin de ma peau et de mes cheveux, que j'avais un peu mis entre parenthèses, ces dernières années. Quelques photos, prises par-ci par-là, pour m'aider à me visualiser, et parfois plus positivement qu'avant. Une meilleure conscience de moi-même, de mes besoins, de mes envies et, surtout, de ma légitimité à poser des limites, à énoncer ces besoins et ces envies, et à les satisfaire dans la mesure du possible. D'une certaine façon, ces 6 mois m'ont permis de grandir.
Ne reste plus qu'à attendre, maintenant, que la commission soit passée et que le secrétariat me contacte pour fixer mon RV avec le chirurgien. Normalement, dans le mois qui suivra, je ferai partie de la famille de plus en plus grande des troués du bidon...
C'est l'histoire d'une femme, qui a lutté contre les kilos, qui a arrêté de lutter contre les kilos et qui, à l'aube de la quarantaine, s'est dit que c'était maintenant ou jamais. C'est l'histoire d'une grosse ordinaire, qui milite pour le droit d'être considérée pour tout ce qu'elle est et pas seulement pour un périmètre abdominal. Bref, c'est mon histoire.
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jeudi 12 mai 2016
dimanche 25 janvier 2015
Vendredi 23 janvier : première rencontre avec la chef de service
Et voilà, c'est fait, j'ai fait le premier pas dans le parcours GEROM du CHU de Grenoble. Vendredi après-midi, j'ai rencontré pour la première fois le Pr Arvieux, chirurgienne qui intervient dans le cadre de ce groupe pluridisciplinaire. Je tiens beaucoup à passer par cette équipe, même si les délais sont redoutablement longs : je ne serai sûrement pas opérée avant deux ans. Mais la prise en charge est globale, gage de réussite à long terme, et c'est bien ce qui m'intéresse, le long terme : je me fiche pas mal du bikini sur la plage, beaucoup moins de pouvoir jouer un jour avec mes petits enfants...
Je suis arrivée très en retard, suite à un petit accident de voiture sans gravité mais qui m'a obligée à attendre une dépanneuse. Je vous laisse imaginer mon état de stress : déjà que j'étais un peu angoissée à l'idée de cette première rencontre, cette péripétie au moment de partir n'a pas trop arrangé les choses. Eh bien j'ai été accueillie avec une gentillesse et une simplicité remarquables !
Après la prise des mesures et le constat d'un IMC de 43, nous avons longuement échangé autour de mon parcours de poids, de l'opération en elle-même et de la prise en charge. J'ai bien senti qu'il n'y avait ni jugement, ni morale d'aucune sorte : simplement le constat, évident, que quoi que je fasse, je n'atteindrai jamais mon but sans passer par une opération. Sur ce point, elle s'est montrée très claire : au-delà des questions d'ordre psychologique, passé un IMC de 35, il est rarissime (moins de 2% des cas, m'a-t-elle dit) de perdre beaucoup et surtout durablement, sans passer par la chirurgie. La physiologie ne le permet tout simplement pas, l'estomac étant devenu trop volumineux et surtout sécrétant trop d'hormones... Mon médecin traitant ayant préparé un dossier très complet, nous avons également pu échanger sur les questions médicales, et notamment celle qui me pose le plus de questions pour cette opération : ma carence chronique en vitamine D. Elle s'est là aussi montrée très rassurante, m'expliquant qu'au cours de la prise en charge pré-opératoire des investigations seraient faites qui permettraient peut-être d'en trouver la cause. En fonction de leur résultat, il se peut que cela influe sur le choix du type d'opération, mais elle ne s'est en aucun cas montrée sceptique sur l'hypothèse de la chirurgie.
Concernant le parcours proprement dit, il démarre avec une consultation en endocrinologie : c'est le point le plus long, l'étape entre ces deux RV. Pour ma part, ce ne sera qu'en décembre, donc pratiquement 11 mois après le premier entretien... Ce RV est suivi d'une hospitalisation de 3 jours durant laquelle toute une série d'examens sont menés, en fonction des besoins établis lors des deux premiers entretiens. Puis vient le suivi diététique et psychologique et d'éventuelles analyses complémentaires, qui permettent de préparer le patient au changement de vie radical qui l'attend. Cette seconde partie dure au minimum 6 mois, souvent plus, en fonction des disponibilités... A l'issu de ce temps, l'ensemble de l'équipe se réunit en commission pour statuer sur la préparation et l'opération.
J'avoue que, bien sûr, j'aurais préféré que le RV avec l'endocrinologue soit un peu moins loin, mais ce n'est pas fondamentalement très grave : le plus important, c'est que les choses se fassent, peu importe quand. En attendant, le Pr Arvieux m'a remis une liste de psychologues avec lesquels l'équipe travaille, pour amorcer un travail comportementaliste qui permettra d'améliorer la prise en charge global. Cela me permettra de ne pas avoir le sentiment d'une longue attente sans rien faire ! Affaire à suivre, donc...
Je suis arrivée très en retard, suite à un petit accident de voiture sans gravité mais qui m'a obligée à attendre une dépanneuse. Je vous laisse imaginer mon état de stress : déjà que j'étais un peu angoissée à l'idée de cette première rencontre, cette péripétie au moment de partir n'a pas trop arrangé les choses. Eh bien j'ai été accueillie avec une gentillesse et une simplicité remarquables !
Après la prise des mesures et le constat d'un IMC de 43, nous avons longuement échangé autour de mon parcours de poids, de l'opération en elle-même et de la prise en charge. J'ai bien senti qu'il n'y avait ni jugement, ni morale d'aucune sorte : simplement le constat, évident, que quoi que je fasse, je n'atteindrai jamais mon but sans passer par une opération. Sur ce point, elle s'est montrée très claire : au-delà des questions d'ordre psychologique, passé un IMC de 35, il est rarissime (moins de 2% des cas, m'a-t-elle dit) de perdre beaucoup et surtout durablement, sans passer par la chirurgie. La physiologie ne le permet tout simplement pas, l'estomac étant devenu trop volumineux et surtout sécrétant trop d'hormones... Mon médecin traitant ayant préparé un dossier très complet, nous avons également pu échanger sur les questions médicales, et notamment celle qui me pose le plus de questions pour cette opération : ma carence chronique en vitamine D. Elle s'est là aussi montrée très rassurante, m'expliquant qu'au cours de la prise en charge pré-opératoire des investigations seraient faites qui permettraient peut-être d'en trouver la cause. En fonction de leur résultat, il se peut que cela influe sur le choix du type d'opération, mais elle ne s'est en aucun cas montrée sceptique sur l'hypothèse de la chirurgie.
Concernant le parcours proprement dit, il démarre avec une consultation en endocrinologie : c'est le point le plus long, l'étape entre ces deux RV. Pour ma part, ce ne sera qu'en décembre, donc pratiquement 11 mois après le premier entretien... Ce RV est suivi d'une hospitalisation de 3 jours durant laquelle toute une série d'examens sont menés, en fonction des besoins établis lors des deux premiers entretiens. Puis vient le suivi diététique et psychologique et d'éventuelles analyses complémentaires, qui permettent de préparer le patient au changement de vie radical qui l'attend. Cette seconde partie dure au minimum 6 mois, souvent plus, en fonction des disponibilités... A l'issu de ce temps, l'ensemble de l'équipe se réunit en commission pour statuer sur la préparation et l'opération.
J'avoue que, bien sûr, j'aurais préféré que le RV avec l'endocrinologue soit un peu moins loin, mais ce n'est pas fondamentalement très grave : le plus important, c'est que les choses se fassent, peu importe quand. En attendant, le Pr Arvieux m'a remis une liste de psychologues avec lesquels l'équipe travaille, pour amorcer un travail comportementaliste qui permettra d'améliorer la prise en charge global. Cela me permettra de ne pas avoir le sentiment d'une longue attente sans rien faire ! Affaire à suivre, donc...
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