Nous y sommes : la chrysalide est en cours, dans 12 à 18 mois, le papillon se sera envolé !
Je suis donc entrée à l'hôpital mercredi dernier, le 6 juillet, pour une opération le 7 au matin. Durant l'après-midi, à plusieurs reprises, la question de savoir si je n'étais pas en train de faire une énorme erreur m'a traversé l'esprit. Étrangement, je ne me sentais ni angoissée, ni stressée, mais cette question revenait comme la tâche de fond d'un ordinateur. Dîner léger, anxiolytique léger, deux douches à la bétadine et une assez bonne nuit de sommeil plus tard, me voilà donc pourvue de ma chemise de bloc et expédiée à l'étage des opérations. A 10h30, début des grandes manoeuvres : j'ai détesté l'anesthésiant (j'ai bien cru que j'allais perdre ma main tellement c'était douloureux), mais pour le reste, je ne saurais dire, je me suis réveillée vers 15h et retournée en chambre à 15h30.
Les premières 24h ont été un peu vaseuses. J'ai beaucoup dormi. Après l'immonde examen du TOGD, durant lequel on vous fait boire, à jeun depuis 30h, un liquide de contraste au goût puissant d'anis et à l'arrière-goût de bile (un plaisir inimitable !!!), j'ai enfin pu commencer à me réalimenter au déjeuner le 8. Un peu de bouillon, puis un peu de yaourt, etc. Au petit-déjeuner suivant, les biscottes sont très bien passées. Comme tout allait bien, que je marchais et que tout ce qui pouvait l'être était rentré dans l'ordre, j'ai pu sortir le samedi après-midi, avec 24h d'avance sur ce qui était prévu.
Première soirée, première sortie : nous étions invités chez des amis et mon compagnon avait prévu d'y aller seul avec les enfants, mais finalement, j'ai fait ma guest star. Une délicieuse soirée hawaïenne, pleine de gaieté et de chaleur humaine. C'est à cette occasion que j'ai pris conscience que j'allais vraiment pouvoir manger ce qui me faisait envie et y trouver un plaisir bien plus intense qu'avant, malgré des quantités infinitésimales : le rougail saucisse était un délice, bien que je n'en ai mangé qu'une cuillère à café de riz et 1 rondelle de saucisse ! Évidemment, j'étais trop fatiguée pour danser ou faire vraiment la fête, mais le simple fait d'être là, parmi ces gens heureux, de profiter de la présence de tous, a suffi à mon bonheur...
Depuis, mes journées sont émaillées de petites prises alimentaires (5 à 7 par jour pour le moment), qui me permettent de manger de tout et avec un plaisir décuplé : aucune classe alimentaire n'est évincée, les fruits, les légumes, les protéines, les féculents, les lipides et même un peu de glucides rapides sous forme de glaces (une mini glace tous les deux jours, pour le moment), tout passe sans problème. La seule chose que j'ai testé et qui va attendre, c'est le pain toasté : pour le moment, la biscotte passe mieux.
Je marche dès que j'en ai l'occasion, me repose dès que j'en ai besoin, et vis à un rythme paisible. Je reste bien sûr facilement fatigable, mais pour des suites opératoires aussi récentes, je trouve que je m'en tire plutôt bien ! Le mois d'arrêt et mes trois semaines de vacances dans la foulée devraient me permettre de retrouver un rythme de vie quasi-normal et donc de pouvoir reprendre le travail sans souci à la fin août.
Et les résultats sur la balance sont impressionnants : en 7 jours, j'ai perdu 5,7 kg, sans faim, sans souffrance et sans difficulté majeure... Quand on nous dit que c'est que du bonheur, je ne peux qu'approuver, pour le moment. Même si je reste consciente que les difficultés peuvent arriver plus tard...
C'est l'histoire d'une femme, qui a lutté contre les kilos, qui a arrêté de lutter contre les kilos et qui, à l'aube de la quarantaine, s'est dit que c'était maintenant ou jamais. C'est l'histoire d'une grosse ordinaire, qui milite pour le droit d'être considérée pour tout ce qu'elle est et pas seulement pour un périmètre abdominal. Bref, c'est mon histoire.
jeudi 14 juillet 2016
jeudi 12 mai 2016
6 mois plus tard
Voilà, c'est fait, les 6 mois de parcours pré-opératoire sont passés. J'ai vu lundi l'endocrinologue qui m'a confirmé que mon dossier passerait à la prochaine commission, quelque part d'ici la fin du mois.
6 mois de parcours, c'est quoi ?
Déjà, ce sont trois journées d'hospitalisation intenses, avec une foule d'examens pour vérifier les constantes, les taux d'hormones, vitamines et autres machins divers et variés, le foie, la capacité respiratoire... Puis, dans les mois qui suivent, le cœur, les dents, la gynécologie (pour les dames), et approfondir les informations collectées pendant les trois jours. Bref, un check up complet du bestiau. Mais aussi, durant les trois jours, les premiers éléments de nutrition qui doivent nous permettre de changer durablement notre comportement alimentaire. Et un premier entretien avec la psy, sur notre histoire de poids, qui est bien sûre en étroite corrélation avec notre histoire de vie...
Ensuite, ce sont des réunions en petit groupe, deux avec la psy et deux avec la diététicienne. La première a pour objectif de nous apprendre à lâcher prise sur le regard des autres, à renouer avec notre image corporelle, à retrouver une certaine estime de soi. Ce travail, le cas échéant, peut nécessiter des entretiens individuels pour aider à débloquer certaines situations, certains réflexes, à nous déconditionner, d'une certaine façon. Mais surtout à mieux nous prémunir contre les agressions extérieures. La seconde nous amène au fil des 3 jours puis des 6 mois, à manger plus lentement, à mieux écouter notre corps et à déculpabiliser. Le secret, ce n'est pas de manger ceci ou d'éviter cela, mais d'écouter ce que nous dit notre corps, ses envies, qui traduisent ses besoins, et de le nourrir de la façon qu'il nous demande, quand il le demande, et dans la quantité qu'il demande.
Le travail psy peut être très déstabilisant. Dans mon cas il a été extraordinairement libérateur et m'a permis de dépasser enfin ce sur quoi je butais depuis des années. Tout n'est pas terminé, bien sûr, mais le premier pas est fait, et je n'ai aucune intention de revenir en arrière !
L'approche diététique a sans doute été plus déroutante pour moi, même si tout aussi enthousiasmante. Après 40 ans à me faire marteler des préceptes gourouisants sur la façon dont je devrais manger, pour la première fois, on me dit de me faire confiance, que mon corps sait ce dont il a besoin à tel ou tel moment, et qu'il est le mieux à même de décider. Et vous savez quoi ? Ça marche. Au début, j'ai perdu un peu de poids, même si des petits soucis médicaux m'ont tout fait reprendre. Mais je ne suis pas inquiète : la base est là, bien ancrée, et plus que satisfaisante, et le poids repris est à nouveau en train de redescendre.
Le dernier point, et non des moindres, c'est la remise en activité. Et ce point-là m'a fait prendre conscience de ce que je ne voyais pas : toutes les stratégies de contournement que j'avais mises en place pour éviter les situations délicates (essoufflement, fatigue musculaire, lenteur, gêne aux mouvements...). En fait, j'ai vraiment pris conscience à quelle point j'étais grosse et à quel point c'était problématique pendant cette période. Paradoxalement, alors que j'ai une image de moi-même mieux intériorisée, j'ai aussi développé un regard un peu plus dur sur mon corps. Je ne dirai pas moins bienveillant : je me rends compte que ce n'était pas de la bienveillance, mais une forme de déni, que je vivais auparavant. Du coup, je suis encore plus motivée s'il en était besoin pour perdre cette fichue gangue de graisse et retrouver de la mobilité et de la vitalité.
Que dire de ces 6 mois ? Ils ont été porteurs d'un immense bouleversement de mon approche de moi-même et des autres, de changements profonds dans mes habitudes. Ils ont vu la mise en place de petits rituels. Un retour à un soin de ma peau et de mes cheveux, que j'avais un peu mis entre parenthèses, ces dernières années. Quelques photos, prises par-ci par-là, pour m'aider à me visualiser, et parfois plus positivement qu'avant. Une meilleure conscience de moi-même, de mes besoins, de mes envies et, surtout, de ma légitimité à poser des limites, à énoncer ces besoins et ces envies, et à les satisfaire dans la mesure du possible. D'une certaine façon, ces 6 mois m'ont permis de grandir.
Ne reste plus qu'à attendre, maintenant, que la commission soit passée et que le secrétariat me contacte pour fixer mon RV avec le chirurgien. Normalement, dans le mois qui suivra, je ferai partie de la famille de plus en plus grande des troués du bidon...
6 mois de parcours, c'est quoi ?
Déjà, ce sont trois journées d'hospitalisation intenses, avec une foule d'examens pour vérifier les constantes, les taux d'hormones, vitamines et autres machins divers et variés, le foie, la capacité respiratoire... Puis, dans les mois qui suivent, le cœur, les dents, la gynécologie (pour les dames), et approfondir les informations collectées pendant les trois jours. Bref, un check up complet du bestiau. Mais aussi, durant les trois jours, les premiers éléments de nutrition qui doivent nous permettre de changer durablement notre comportement alimentaire. Et un premier entretien avec la psy, sur notre histoire de poids, qui est bien sûre en étroite corrélation avec notre histoire de vie...
Ensuite, ce sont des réunions en petit groupe, deux avec la psy et deux avec la diététicienne. La première a pour objectif de nous apprendre à lâcher prise sur le regard des autres, à renouer avec notre image corporelle, à retrouver une certaine estime de soi. Ce travail, le cas échéant, peut nécessiter des entretiens individuels pour aider à débloquer certaines situations, certains réflexes, à nous déconditionner, d'une certaine façon. Mais surtout à mieux nous prémunir contre les agressions extérieures. La seconde nous amène au fil des 3 jours puis des 6 mois, à manger plus lentement, à mieux écouter notre corps et à déculpabiliser. Le secret, ce n'est pas de manger ceci ou d'éviter cela, mais d'écouter ce que nous dit notre corps, ses envies, qui traduisent ses besoins, et de le nourrir de la façon qu'il nous demande, quand il le demande, et dans la quantité qu'il demande.
Le travail psy peut être très déstabilisant. Dans mon cas il a été extraordinairement libérateur et m'a permis de dépasser enfin ce sur quoi je butais depuis des années. Tout n'est pas terminé, bien sûr, mais le premier pas est fait, et je n'ai aucune intention de revenir en arrière !
L'approche diététique a sans doute été plus déroutante pour moi, même si tout aussi enthousiasmante. Après 40 ans à me faire marteler des préceptes gourouisants sur la façon dont je devrais manger, pour la première fois, on me dit de me faire confiance, que mon corps sait ce dont il a besoin à tel ou tel moment, et qu'il est le mieux à même de décider. Et vous savez quoi ? Ça marche. Au début, j'ai perdu un peu de poids, même si des petits soucis médicaux m'ont tout fait reprendre. Mais je ne suis pas inquiète : la base est là, bien ancrée, et plus que satisfaisante, et le poids repris est à nouveau en train de redescendre.
Le dernier point, et non des moindres, c'est la remise en activité. Et ce point-là m'a fait prendre conscience de ce que je ne voyais pas : toutes les stratégies de contournement que j'avais mises en place pour éviter les situations délicates (essoufflement, fatigue musculaire, lenteur, gêne aux mouvements...). En fait, j'ai vraiment pris conscience à quelle point j'étais grosse et à quel point c'était problématique pendant cette période. Paradoxalement, alors que j'ai une image de moi-même mieux intériorisée, j'ai aussi développé un regard un peu plus dur sur mon corps. Je ne dirai pas moins bienveillant : je me rends compte que ce n'était pas de la bienveillance, mais une forme de déni, que je vivais auparavant. Du coup, je suis encore plus motivée s'il en était besoin pour perdre cette fichue gangue de graisse et retrouver de la mobilité et de la vitalité.
Que dire de ces 6 mois ? Ils ont été porteurs d'un immense bouleversement de mon approche de moi-même et des autres, de changements profonds dans mes habitudes. Ils ont vu la mise en place de petits rituels. Un retour à un soin de ma peau et de mes cheveux, que j'avais un peu mis entre parenthèses, ces dernières années. Quelques photos, prises par-ci par-là, pour m'aider à me visualiser, et parfois plus positivement qu'avant. Une meilleure conscience de moi-même, de mes besoins, de mes envies et, surtout, de ma légitimité à poser des limites, à énoncer ces besoins et ces envies, et à les satisfaire dans la mesure du possible. D'une certaine façon, ces 6 mois m'ont permis de grandir.
Ne reste plus qu'à attendre, maintenant, que la commission soit passée et que le secrétariat me contacte pour fixer mon RV avec le chirurgien. Normalement, dans le mois qui suivra, je ferai partie de la famille de plus en plus grande des troués du bidon...
vendredi 23 octobre 2015
Et le parcours fut...
Voilà. Après de longs mois de silence, ceux de la gestation, de la maturation, me revoilà avec des choses à raconter. Ce matin, première entrevue avec l'endocrinologue. 1h30 à décortiquer ma santé, mon poids, mon parcours de vie... A analyser ma motivation, en fait. Et la conclusion, évidente : je suis bien plus prête que la plupart des patients à ce stade du parcours. Parce que ma décision avait été mûrement réfléchie en amont. Parce que j'ai mis ces mois à profit pour avancer de mon côté, avec la psy pour entreprendre le lent désamorçage de ce qui m'a amenée là, avec la comportementaliste pour essayer de travailler sur certains automatismes, avec moi-même, surtout, pour tester ma motivation, m'interroger, soupeser. Et oui, je suis prête, archi-prête.
Du coup, j'ai même pu profiter du désistement d'un autre patient, et me voilà dans les starting-blocks pour les trois jours de bilan qui lancent vraiment le parcours. Ce sera début novembre, au lieu de décembre. Trois jours très denses, d'analyses et d'information sur la chirurgie. Trois jours qui seront suivis de 6 mois de suivi pré-opératoire proprement dit, où je verrai toutes les 6 semaines psy et diététicienne. A l'issue de ce parcours, une commission statuera sur ma capacité à bien vivre l'opération, et à partir de là, la date fatidique sera arrêtée.
A ce stade, je suis très enthousiaste, et ravie que les choses aient pris cette tournure : la chance d'un désistement qui a ravancé mon RV avec l'endocrino de deux mois, celle d'un autre désistement qui a également avancé mes trois jours d'un mois. C'est comme si je venais de gagner 3 mois dans le parcours, en réalité. Les questions et les angoisses viendront sûrement plus tard !
J'ai également accepté de faire partie d'une cohorte visant à mieux comprendre l'obésité et les comorbidités qui y sont associées. Ce qui signifie que je bénéficierai de surcroît de 5 ans de suivi post-opératoire qui, outre leur intérêt pour la recherche et l'évolution de la prise en charge de l'obésité, me permettront de maintenir une motivation extérieure en plus de ma motivation intérieure.
Du coup, j'ai même pu profiter du désistement d'un autre patient, et me voilà dans les starting-blocks pour les trois jours de bilan qui lancent vraiment le parcours. Ce sera début novembre, au lieu de décembre. Trois jours très denses, d'analyses et d'information sur la chirurgie. Trois jours qui seront suivis de 6 mois de suivi pré-opératoire proprement dit, où je verrai toutes les 6 semaines psy et diététicienne. A l'issue de ce parcours, une commission statuera sur ma capacité à bien vivre l'opération, et à partir de là, la date fatidique sera arrêtée.
A ce stade, je suis très enthousiaste, et ravie que les choses aient pris cette tournure : la chance d'un désistement qui a ravancé mon RV avec l'endocrino de deux mois, celle d'un autre désistement qui a également avancé mes trois jours d'un mois. C'est comme si je venais de gagner 3 mois dans le parcours, en réalité. Les questions et les angoisses viendront sûrement plus tard !
J'ai également accepté de faire partie d'une cohorte visant à mieux comprendre l'obésité et les comorbidités qui y sont associées. Ce qui signifie que je bénéficierai de surcroît de 5 ans de suivi post-opératoire qui, outre leur intérêt pour la recherche et l'évolution de la prise en charge de l'obésité, me permettront de maintenir une motivation extérieure en plus de ma motivation intérieure.
lundi 13 avril 2015
La longue attente...
Déjà deux mois et demi depuis mon précédent billet. Ça peut paraître long, et en même temps, ce temps m'a aidée à avancer dans ma tête.
La première étape, qui a déjà pris un peu de temps, a été de contacter les psys de la liste que m'avait remise le Pr Arvieux. Il se trouve que le premier que j'ai contacté n'était pas disponible mais m'a conseillé une consœur qui n'était pas sur la liste. Généraliste spécialisée en médecine du sport, nutrition et comportementalisme, elle a un point de vue sur les problématique de prise en charge de l'obésité qui va dans le même sens que ce dont je suis convaincue depuis un petit moment déjà et qui est également soutenu par l'équipe du GEROM : la meilleure façon d'obtenir des résultats pertinents et durables, c'est d'associer différentes spécialités. Elle m'a ainsi conseillé d'en parler avec la psychiatre qui me suit depuis un an sur de tout autres problématiques, afin de s'assurer qu'elle était bien en accord avec cette approche pluridisciplinaire (et c'est le cas !) avant de la revoir. Ce qui sera chose faite début mai. J'ai hâte d'amorcer ce travail avec elle, car le contact est bien passé, le contrat qu'elle propose est clair et intéressant, et que je pense qu'on peut faire de bonnes choses ensemble.
Et cerise sur le gâteau, une copine qui devait avoir son RV chez l'endocrinologue fin octobre a dû annuler, me permettant par la même occasion de récupérer son créneau. Du coup, la seconde étape du parcours officiel n'est plus en décembre mais fin octobre : un mois et demi de gagné dans le lent processus, c'est toujours ça de pris !
La première étape, qui a déjà pris un peu de temps, a été de contacter les psys de la liste que m'avait remise le Pr Arvieux. Il se trouve que le premier que j'ai contacté n'était pas disponible mais m'a conseillé une consœur qui n'était pas sur la liste. Généraliste spécialisée en médecine du sport, nutrition et comportementalisme, elle a un point de vue sur les problématique de prise en charge de l'obésité qui va dans le même sens que ce dont je suis convaincue depuis un petit moment déjà et qui est également soutenu par l'équipe du GEROM : la meilleure façon d'obtenir des résultats pertinents et durables, c'est d'associer différentes spécialités. Elle m'a ainsi conseillé d'en parler avec la psychiatre qui me suit depuis un an sur de tout autres problématiques, afin de s'assurer qu'elle était bien en accord avec cette approche pluridisciplinaire (et c'est le cas !) avant de la revoir. Ce qui sera chose faite début mai. J'ai hâte d'amorcer ce travail avec elle, car le contact est bien passé, le contrat qu'elle propose est clair et intéressant, et que je pense qu'on peut faire de bonnes choses ensemble.
Et cerise sur le gâteau, une copine qui devait avoir son RV chez l'endocrinologue fin octobre a dû annuler, me permettant par la même occasion de récupérer son créneau. Du coup, la seconde étape du parcours officiel n'est plus en décembre mais fin octobre : un mois et demi de gagné dans le lent processus, c'est toujours ça de pris !
dimanche 25 janvier 2015
Vendredi 23 janvier : première rencontre avec la chef de service
Et voilà, c'est fait, j'ai fait le premier pas dans le parcours GEROM du CHU de Grenoble. Vendredi après-midi, j'ai rencontré pour la première fois le Pr Arvieux, chirurgienne qui intervient dans le cadre de ce groupe pluridisciplinaire. Je tiens beaucoup à passer par cette équipe, même si les délais sont redoutablement longs : je ne serai sûrement pas opérée avant deux ans. Mais la prise en charge est globale, gage de réussite à long terme, et c'est bien ce qui m'intéresse, le long terme : je me fiche pas mal du bikini sur la plage, beaucoup moins de pouvoir jouer un jour avec mes petits enfants...
Je suis arrivée très en retard, suite à un petit accident de voiture sans gravité mais qui m'a obligée à attendre une dépanneuse. Je vous laisse imaginer mon état de stress : déjà que j'étais un peu angoissée à l'idée de cette première rencontre, cette péripétie au moment de partir n'a pas trop arrangé les choses. Eh bien j'ai été accueillie avec une gentillesse et une simplicité remarquables !
Après la prise des mesures et le constat d'un IMC de 43, nous avons longuement échangé autour de mon parcours de poids, de l'opération en elle-même et de la prise en charge. J'ai bien senti qu'il n'y avait ni jugement, ni morale d'aucune sorte : simplement le constat, évident, que quoi que je fasse, je n'atteindrai jamais mon but sans passer par une opération. Sur ce point, elle s'est montrée très claire : au-delà des questions d'ordre psychologique, passé un IMC de 35, il est rarissime (moins de 2% des cas, m'a-t-elle dit) de perdre beaucoup et surtout durablement, sans passer par la chirurgie. La physiologie ne le permet tout simplement pas, l'estomac étant devenu trop volumineux et surtout sécrétant trop d'hormones... Mon médecin traitant ayant préparé un dossier très complet, nous avons également pu échanger sur les questions médicales, et notamment celle qui me pose le plus de questions pour cette opération : ma carence chronique en vitamine D. Elle s'est là aussi montrée très rassurante, m'expliquant qu'au cours de la prise en charge pré-opératoire des investigations seraient faites qui permettraient peut-être d'en trouver la cause. En fonction de leur résultat, il se peut que cela influe sur le choix du type d'opération, mais elle ne s'est en aucun cas montrée sceptique sur l'hypothèse de la chirurgie.
Concernant le parcours proprement dit, il démarre avec une consultation en endocrinologie : c'est le point le plus long, l'étape entre ces deux RV. Pour ma part, ce ne sera qu'en décembre, donc pratiquement 11 mois après le premier entretien... Ce RV est suivi d'une hospitalisation de 3 jours durant laquelle toute une série d'examens sont menés, en fonction des besoins établis lors des deux premiers entretiens. Puis vient le suivi diététique et psychologique et d'éventuelles analyses complémentaires, qui permettent de préparer le patient au changement de vie radical qui l'attend. Cette seconde partie dure au minimum 6 mois, souvent plus, en fonction des disponibilités... A l'issu de ce temps, l'ensemble de l'équipe se réunit en commission pour statuer sur la préparation et l'opération.
J'avoue que, bien sûr, j'aurais préféré que le RV avec l'endocrinologue soit un peu moins loin, mais ce n'est pas fondamentalement très grave : le plus important, c'est que les choses se fassent, peu importe quand. En attendant, le Pr Arvieux m'a remis une liste de psychologues avec lesquels l'équipe travaille, pour amorcer un travail comportementaliste qui permettra d'améliorer la prise en charge global. Cela me permettra de ne pas avoir le sentiment d'une longue attente sans rien faire ! Affaire à suivre, donc...
Je suis arrivée très en retard, suite à un petit accident de voiture sans gravité mais qui m'a obligée à attendre une dépanneuse. Je vous laisse imaginer mon état de stress : déjà que j'étais un peu angoissée à l'idée de cette première rencontre, cette péripétie au moment de partir n'a pas trop arrangé les choses. Eh bien j'ai été accueillie avec une gentillesse et une simplicité remarquables !
Après la prise des mesures et le constat d'un IMC de 43, nous avons longuement échangé autour de mon parcours de poids, de l'opération en elle-même et de la prise en charge. J'ai bien senti qu'il n'y avait ni jugement, ni morale d'aucune sorte : simplement le constat, évident, que quoi que je fasse, je n'atteindrai jamais mon but sans passer par une opération. Sur ce point, elle s'est montrée très claire : au-delà des questions d'ordre psychologique, passé un IMC de 35, il est rarissime (moins de 2% des cas, m'a-t-elle dit) de perdre beaucoup et surtout durablement, sans passer par la chirurgie. La physiologie ne le permet tout simplement pas, l'estomac étant devenu trop volumineux et surtout sécrétant trop d'hormones... Mon médecin traitant ayant préparé un dossier très complet, nous avons également pu échanger sur les questions médicales, et notamment celle qui me pose le plus de questions pour cette opération : ma carence chronique en vitamine D. Elle s'est là aussi montrée très rassurante, m'expliquant qu'au cours de la prise en charge pré-opératoire des investigations seraient faites qui permettraient peut-être d'en trouver la cause. En fonction de leur résultat, il se peut que cela influe sur le choix du type d'opération, mais elle ne s'est en aucun cas montrée sceptique sur l'hypothèse de la chirurgie.
Concernant le parcours proprement dit, il démarre avec une consultation en endocrinologie : c'est le point le plus long, l'étape entre ces deux RV. Pour ma part, ce ne sera qu'en décembre, donc pratiquement 11 mois après le premier entretien... Ce RV est suivi d'une hospitalisation de 3 jours durant laquelle toute une série d'examens sont menés, en fonction des besoins établis lors des deux premiers entretiens. Puis vient le suivi diététique et psychologique et d'éventuelles analyses complémentaires, qui permettent de préparer le patient au changement de vie radical qui l'attend. Cette seconde partie dure au minimum 6 mois, souvent plus, en fonction des disponibilités... A l'issu de ce temps, l'ensemble de l'équipe se réunit en commission pour statuer sur la préparation et l'opération.
J'avoue que, bien sûr, j'aurais préféré que le RV avec l'endocrinologue soit un peu moins loin, mais ce n'est pas fondamentalement très grave : le plus important, c'est que les choses se fassent, peu importe quand. En attendant, le Pr Arvieux m'a remis une liste de psychologues avec lesquels l'équipe travaille, pour amorcer un travail comportementaliste qui permettra d'améliorer la prise en charge global. Cela me permettra de ne pas avoir le sentiment d'une longue attente sans rien faire ! Affaire à suivre, donc...
lundi 8 décembre 2014
RV est pris
Eh bien voilà, ça y est, la machine est vraiment enclenchée : le 23 janvier à 14h, je rencontrerai pour la première fois la chef de service de chirurgie bariatrique du CHU. Une sommité dont la réputation n'est plus à faire. Je considère comme une grande chance le fait d'avoir un RV avec elle, puisque du coup c'est elle qui me suivra jusqu'au bout. Son collègue a également très bonne réputation, et je n'aurais pas été déçue d'être suivie par lui, mais tant qu'à faire, je suis ravie, vu qu'elle est très reconnue.
Je suis à la fois ravie d'avoir un RV si vite (un mois et demi, une goutte d'eau), sereine quant à mes choix, et enthousiaste à l'idée que ça va vraiment être le début de cette grande aventure.
Je suis à la fois ravie d'avoir un RV si vite (un mois et demi, une goutte d'eau), sereine quant à mes choix, et enthousiaste à l'idée que ça va vraiment être le début de cette grande aventure.
samedi 6 décembre 2014
Semaine 2 : la démarche est enclenchée
Aujourd'hui, c'était l'entrée officielle dans ma démarche de changement de vie : le RV chez ma doc pour enclencher officiellement le processus qui me mènera, du moins je l'espère, à un bébé-estomac et à une autonomie prolongée.
Ma doc est une femme formidable, fine d'esprit, attentive à ses patients, qui prend le temps de les connaître et donc de les traiter dans leur globalité. J'avais déjà évoqué avec elle la semaine dernière mon souhait d'entreprendre ce type de démarche, lors d'une consultation pour Numérobis, mais nous n'étions pas rentrées dans les détails, dans la mesure où il était prévu que nous nous voyions pour cela aujourd'hui.
Elle a bien sûr sondé mon positionnement par rapport à cette démarche, notamment si j'avais bien mesuré les conséquences psychologiques, physiques et physiologiques de ce type d'acte. Et bien que réticente d'une manière générale à ce qui reste une mutilation viscérale, elle soutient ma démarche, bien consciente qu'arrivée à mon stade, ce n'est pas un énième régime qui va changer la donne. Son approche globale lui permet aussi d'être vigilante sur les questions psychologiques et elle a notamment attiré mon attention sur le fait de bien accompagner les enfants dans ce processus. Elle a souligné un point que je n'avais pas envisagé, mais qui me semble très pertinent : la question de l'accompagnement psychologique pour toute la famille. Non seulement pour mon compagnon, chose que j'avais déjà envisagée, puisqu'il va se retrouver d'un coup avec une étrangère à ses côtés, mais aussi pour les petits, dont le référent maternel est plus proche de la Vénus de Willendorf que d'un Modigliani. Et cela peut s'avérer déstabilisant pour eux de perdre cette mère primitive, la seule qu'ils ont connu, même si c'est au bénéfice d'une mère plus dynamique et donc plus présente auprès d'eux, notamment dans leurs jeux extérieurs... Je pense suivre son conseil de leur en parler assez rapidement, et tout au long du processus. J'en profiterai aussi pour leur montrer des photos de "quand j'étais mince", histoire qu'ils aient une idée de ce à quoi s'attendre, surtout les petits pour qui tout ça risque d'être très abstrait et difficile à projeter...
Je suis repartie avec un dossier complet réunissant toutes mes analyses de ces dernières années pouvant s'avérer utiles pour la démarche, et prête à dégainer mon téléphone lundi matin à la première heure pour joindre le secrétariat du service de traitement de l'obésité au CHU.
Ma doc est une femme formidable, fine d'esprit, attentive à ses patients, qui prend le temps de les connaître et donc de les traiter dans leur globalité. J'avais déjà évoqué avec elle la semaine dernière mon souhait d'entreprendre ce type de démarche, lors d'une consultation pour Numérobis, mais nous n'étions pas rentrées dans les détails, dans la mesure où il était prévu que nous nous voyions pour cela aujourd'hui.
Elle a bien sûr sondé mon positionnement par rapport à cette démarche, notamment si j'avais bien mesuré les conséquences psychologiques, physiques et physiologiques de ce type d'acte. Et bien que réticente d'une manière générale à ce qui reste une mutilation viscérale, elle soutient ma démarche, bien consciente qu'arrivée à mon stade, ce n'est pas un énième régime qui va changer la donne. Son approche globale lui permet aussi d'être vigilante sur les questions psychologiques et elle a notamment attiré mon attention sur le fait de bien accompagner les enfants dans ce processus. Elle a souligné un point que je n'avais pas envisagé, mais qui me semble très pertinent : la question de l'accompagnement psychologique pour toute la famille. Non seulement pour mon compagnon, chose que j'avais déjà envisagée, puisqu'il va se retrouver d'un coup avec une étrangère à ses côtés, mais aussi pour les petits, dont le référent maternel est plus proche de la Vénus de Willendorf que d'un Modigliani. Et cela peut s'avérer déstabilisant pour eux de perdre cette mère primitive, la seule qu'ils ont connu, même si c'est au bénéfice d'une mère plus dynamique et donc plus présente auprès d'eux, notamment dans leurs jeux extérieurs... Je pense suivre son conseil de leur en parler assez rapidement, et tout au long du processus. J'en profiterai aussi pour leur montrer des photos de "quand j'étais mince", histoire qu'ils aient une idée de ce à quoi s'attendre, surtout les petits pour qui tout ça risque d'être très abstrait et difficile à projeter...
Je suis repartie avec un dossier complet réunissant toutes mes analyses de ces dernières années pouvant s'avérer utiles pour la démarche, et prête à dégainer mon téléphone lundi matin à la première heure pour joindre le secrétariat du service de traitement de l'obésité au CHU.
dimanche 30 novembre 2014
Jour 7 : du contrôle social sur les corps
Parmi les raisons qui m'ont conduite à prendre du poids, paradoxalement, il y a le premier régime auquel je me suis astreinte à l'adolescence. Je devais avoir environ 13-14 ans, j'étais en 3e. Mes parents en étaient à leur énième régime : du plus loin que je me souvienne, je les ai toujours connus oscillant entre phases de régime et phases de lâcher-prise. Celui-ci était particulièrement "facile" à suivre (et donc particulièrement pernicieux), puisqu'il consistait essentiellement en plats cuisinés du commerce et en apports protéinés achetés en pharmacie.
Là où cette démarche a été une véritable hérésie, c'est qu'à l'époque je pesais moins de 60 kg pour 1,68 m, soit un IMC tout-à-fait normal (ma taille m'amène à pouvoir varier de 55 à 70 kg sans sortir de la norme médicale). Par ailleurs, j'étais plutôt sportive, pratiquant très régulièrement l'équitation et le patin à glace ou la piscine (selon la saison). Je n'avais donc aucune raison valable de vouloir perdre du poids.
Aucune, si ce n'est que depuis le CM1, époque où mon corps prépubère a commencé sa progressive transformation de l'enfance vers l'âge adulte, j'ai toujours été "grosse" dans le regard de ma mère. Cela se traduisait à deux moments précis : lorsque nous allions acheter des vêtements ("Non, ce n'est pas pour toi. Tu es trop ronde, ça ne va pas être joli") et lorsque nous étions à table ("Arrête avec le pain, tu vas grossir"). Ce que j'en ai retenu, ce que j'entendais à l'époque, ce n'est peut-être pas ce qu'elle pensait réellement, mais c'est néanmoins ce qu'elle m'a transmis. Et c'est bien là où le bât blesse, si on dépasse mon cas particulier et qu'on se projette d'un point de vue général.
Le fond du problème, c'est l'assignation à un modèle unique, celui de l'extrême maigreur des cover girls. La Femme, celle qui est validée et reconnue comme modèle, c'est celle qui peut entrer dans un 36 avec son quasi mètre quatre-vingts, qui peut se permettre des décolletés vertigineux et des robes fourreaux parce que son corps met en valeur à peu près n'importe quel vêtement et non l'inverse. Face à cet absolu quasi impossible à atteindre, on n'accepte plus qu'un vêtement soit là pour mettre en valeur la silhouette de celle qui le porte. Et que cette silhouette puisse être belle, même avec quelques rondeurs. Une mince non filiforme peut porter une robe fourreau, n'en déplaise aux apôtres de la mode. Elle le peut, et si elle trouve ça confortable et qu'elle se voit jolie dedans, alors même, elle le DOIT. C'est que ce vêtement est fait pour elle. La preuve ? Marilyn ne s'en privait pas, et elle était tout sauf filiforme... Admirez plutôt ce petit bedon, cette légère culotte de cheval, et cette chute rein callipyge... Qui oserait prétendre qu'elle était moins belle que n'importe laquelle de nos icônes modernes, malgré son IMC de fille normale (entre 22 et 23 selon les périodes) ?
Là où cette démarche a été une véritable hérésie, c'est qu'à l'époque je pesais moins de 60 kg pour 1,68 m, soit un IMC tout-à-fait normal (ma taille m'amène à pouvoir varier de 55 à 70 kg sans sortir de la norme médicale). Par ailleurs, j'étais plutôt sportive, pratiquant très régulièrement l'équitation et le patin à glace ou la piscine (selon la saison). Je n'avais donc aucune raison valable de vouloir perdre du poids.
Aucune, si ce n'est que depuis le CM1, époque où mon corps prépubère a commencé sa progressive transformation de l'enfance vers l'âge adulte, j'ai toujours été "grosse" dans le regard de ma mère. Cela se traduisait à deux moments précis : lorsque nous allions acheter des vêtements ("Non, ce n'est pas pour toi. Tu es trop ronde, ça ne va pas être joli") et lorsque nous étions à table ("Arrête avec le pain, tu vas grossir"). Ce que j'en ai retenu, ce que j'entendais à l'époque, ce n'est peut-être pas ce qu'elle pensait réellement, mais c'est néanmoins ce qu'elle m'a transmis. Et c'est bien là où le bât blesse, si on dépasse mon cas particulier et qu'on se projette d'un point de vue général.
Le fond du problème, c'est l'assignation à un modèle unique, celui de l'extrême maigreur des cover girls. La Femme, celle qui est validée et reconnue comme modèle, c'est celle qui peut entrer dans un 36 avec son quasi mètre quatre-vingts, qui peut se permettre des décolletés vertigineux et des robes fourreaux parce que son corps met en valeur à peu près n'importe quel vêtement et non l'inverse. Face à cet absolu quasi impossible à atteindre, on n'accepte plus qu'un vêtement soit là pour mettre en valeur la silhouette de celle qui le porte. Et que cette silhouette puisse être belle, même avec quelques rondeurs. Une mince non filiforme peut porter une robe fourreau, n'en déplaise aux apôtres de la mode. Elle le peut, et si elle trouve ça confortable et qu'elle se voit jolie dedans, alors même, elle le DOIT. C'est que ce vêtement est fait pour elle. La preuve ? Marilyn ne s'en privait pas, et elle était tout sauf filiforme... Admirez plutôt ce petit bedon, cette légère culotte de cheval, et cette chute rein callipyge... Qui oserait prétendre qu'elle était moins belle que n'importe laquelle de nos icônes modernes, malgré son IMC de fille normale (entre 22 et 23 selon les périodes) ?
| Photo tirée du blog Marilyn pour toujours : http://marilyn-pour-toujours.over-blog.com |
vendredi 28 novembre 2014
Jour 5 : le monde, mes proches et moi... les raisons du silence
Autant ma décision est clairement prise, autant je n'ai pas envie que ça devienne LE sujet de conversation dans mon entourage. Cette décision m'appartient, elle m'est totalement personnelle, et d'une certaine façon, elle ne regarde que moi. Si je ressens effectivement le besoin de m'exprimer par écrit sur le sujet, c'est plus, finalement, dans un geste autocentré, pour poser les choses, les fixer, les maturer, que par envie de discuter. L'avantage du blog, c'est que même s'il est accessible à tout le monde, rares sont les personnes non concernées par l'obésité qui vont prendre la peine de lire des témoignages sur le sujet. Du coup, ce blog peut être l'occasion d'échanger avec d'autres obèses (ou ex-obèses) qui en auraient envie ou besoin, sans qu'il y ait trop de risques d'interférences avec des minces.
Pourquoi je ne veux pas échanger avec des minces sur cette question ? Parce que s'il y a bien une chose que j'ai appris en quasiment un quart de siècle d'excès pondéral, c'est que les minces ne sont pas aptes à comprendre les obèses. Ils basculent presque tous et presque systématiquement au mieux dans les "bons conseils" (sans doute tout-à-fait valables pour des minces qui n'ont que quelques kilos à perdre), au pire dans le jugement. Et franchement, je me tamponne le coquillard avec une boule de coton de l'avis et des jugements de personnes qui ne peuvent pas comprendre ce que je vis, pourquoi je le vis et comment je le vis... Ce n'est pas une question d'entre soi, d'ostracisme ou de censure, c'est juste que quand on ne sait pas, on se tait et on laisse parler ceux qui savent. Et les minces ne savent pas, ne peuvent pas savoir et, dans la très grande majorité des cas, ne veulent pas savoir. Ce n'est pas une critique, entendons-nous bien : je ne sais pas ce que vivent, par exemple, les migrants en butte permanente au racisme, les invalides en butte au validisme, les transgenre en butte à la domination cisgenre... On est tous des ignorants de la réalité de ceux dont on ne partage pas les particularités. Le problème, c'est quand on se croit autorisé à leur expliquer comment ils doivent vivre leur "différence" alors qu'on n'y connaît strictement rien... Et ça, en revanche, oui, c'est une critique : je ne reconnais pas la légitimité des minces à me dire comment je devrais vivre, ce que je devrais faire, comment je devrais m'y prendre pour gérer mon poids. Surtout quand ils n'écoutent pas au préalable ce que j'ai à leur dire sur la question...
Et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas envie d'en parler à l'immense majorité des gens de mon entourage. Pour l'heure, les seules personnes informées de ma décision sont mon compagnon (il est quand même concerné au premier chef, la chirurgie bariatrique ayant des conséquences importantes sur la vie quotidienne et pouvant en avoir sur les relations sociales), Mr Ex parce qu'on est assez proches pour pouvoir en parler sans que je craigne un flot de poncifs et parce que pour lui aussi, ça aura des conséquences, vu que notre fils est en résidence alternée, et mes amies elles-mêmes passées par ce chemin ou en cours de processus. Peut-être en parlerai-je à quelques autres personnes, parmi lesquelles mes plus proches amies, dont je ne crains pas le regard ni le jugement. Pour les autres, je ne sais pas encore quand ni même si j'aborderai le sujet. Je pense qu'il faudra d'abord que j'ai avancé dans le processus, échangé avec ma psy sur la question, évacué un certain nombre de problématiques parasites, pour être sûre de pouvoir affronter les inévitables remarques déplacées... Peut-être que le bon moment ne sera, finalement, que quand ces personnes constateront par elles-mêmes le changement. Je ne sais pas. En tout cas, une chose est sûre, ce n'est pas maintenant.
Pourquoi je ne veux pas échanger avec des minces sur cette question ? Parce que s'il y a bien une chose que j'ai appris en quasiment un quart de siècle d'excès pondéral, c'est que les minces ne sont pas aptes à comprendre les obèses. Ils basculent presque tous et presque systématiquement au mieux dans les "bons conseils" (sans doute tout-à-fait valables pour des minces qui n'ont que quelques kilos à perdre), au pire dans le jugement. Et franchement, je me tamponne le coquillard avec une boule de coton de l'avis et des jugements de personnes qui ne peuvent pas comprendre ce que je vis, pourquoi je le vis et comment je le vis... Ce n'est pas une question d'entre soi, d'ostracisme ou de censure, c'est juste que quand on ne sait pas, on se tait et on laisse parler ceux qui savent. Et les minces ne savent pas, ne peuvent pas savoir et, dans la très grande majorité des cas, ne veulent pas savoir. Ce n'est pas une critique, entendons-nous bien : je ne sais pas ce que vivent, par exemple, les migrants en butte permanente au racisme, les invalides en butte au validisme, les transgenre en butte à la domination cisgenre... On est tous des ignorants de la réalité de ceux dont on ne partage pas les particularités. Le problème, c'est quand on se croit autorisé à leur expliquer comment ils doivent vivre leur "différence" alors qu'on n'y connaît strictement rien... Et ça, en revanche, oui, c'est une critique : je ne reconnais pas la légitimité des minces à me dire comment je devrais vivre, ce que je devrais faire, comment je devrais m'y prendre pour gérer mon poids. Surtout quand ils n'écoutent pas au préalable ce que j'ai à leur dire sur la question...
Et c'est la raison pour laquelle je n'ai pas envie d'en parler à l'immense majorité des gens de mon entourage. Pour l'heure, les seules personnes informées de ma décision sont mon compagnon (il est quand même concerné au premier chef, la chirurgie bariatrique ayant des conséquences importantes sur la vie quotidienne et pouvant en avoir sur les relations sociales), Mr Ex parce qu'on est assez proches pour pouvoir en parler sans que je craigne un flot de poncifs et parce que pour lui aussi, ça aura des conséquences, vu que notre fils est en résidence alternée, et mes amies elles-mêmes passées par ce chemin ou en cours de processus. Peut-être en parlerai-je à quelques autres personnes, parmi lesquelles mes plus proches amies, dont je ne crains pas le regard ni le jugement. Pour les autres, je ne sais pas encore quand ni même si j'aborderai le sujet. Je pense qu'il faudra d'abord que j'ai avancé dans le processus, échangé avec ma psy sur la question, évacué un certain nombre de problématiques parasites, pour être sûre de pouvoir affronter les inévitables remarques déplacées... Peut-être que le bon moment ne sera, finalement, que quand ces personnes constateront par elles-mêmes le changement. Je ne sais pas. En tout cas, une chose est sûre, ce n'est pas maintenant.
jeudi 27 novembre 2014
Jour 4 : anneau, sleeve, by-pass... Corneille est mon ami !
Une des questions fondamentales, quand tu décides de sauter le pas de la chirurgie, c'est "Quelle méthode ?" Quand en plus ton métier, c'est un peu quand même de chercher (et de trouver) l'information, forcément, tu te renseignes. Et parce que tu as des gens bien dans ton entourage, qui sont au courant de ta démarche (parce que non, aussi étrange que ça puisse paraître de la part de quelqu'un qui ouvre un blog sur le sujet le jour où elle prend sa décision, la plupart de mes proches n'ont pas connaissance de mon choix : les motivations de ce silence feront elles aussi l'objet d'un billet, plus tard), ils te soutiennent, chacun à leur façon. Et pour certains, c'est aussi en cherchant de l'information pour toi. Donc, un grand merci à Mr Ex qui m'a envoyé ce lien très intéressant qui contribue à faire réfléchir à cette épineuse question.
J'avais d'emblée évacué l'anneau, précisément pour les raisons qui sont évoquées dans la vidéo linkée : trop d'échecs à plus ou moins long terme. Confirmé par les retours d'expériences autour de moi... Or, si je saute le pas de me faire charcuter, ce n'est certainement pas pour rien. Il faut que les résultats soient définitifs (bon, pas au kilo près, je me doute bien que ça va d'abord baisser drastiquement, remonter un peu, puis se stabiliser, mais il faut que sur le long terme, le poids ne soit plus un risque pour mon confort de vie et pour ma vie tout court). L'objectif, c'est quand même que je puisse avoir une vie normale avec mes enfants et plus tard mes petits-enfants. Et éventuellement (même si c'est beaucoup plus abstrait dans mon esprit, du fait que je n'ai pas de problèmes majeurs de santé causés par l'obésité), que je les vois grandir, déjà... Donc exit l'anneau.
A priori, le by-pass me faisait un peu trop peur : c'est une opération plus lourde que la sleeve et avec un risque de carences marqué. Or, j'ai déjà naturellement un certain nombre de carences : calcium, magnésium et vitamine D ont du mal à se fixer, chez moi. Du coup, je ne suis pas sûre que ce soit l'option la plus indiquée pour moi. D'un autre côté, cette vidéo confirme ce que certains opérés m'avaient déjà dit : le by-pass est la chirurgie qui offre les meilleures garanties sur le long terme. Or, je le redis, ce qui m'intéresse, c'est le long terme...
La sleeve, qui avait a priori ma préférence, justement parce qu'elle ne présente pas les mêmes risques carentiels, a finalement l'inconvénient majeur de ne peut-être pas tout-à-fait répondre, ou en tout cas pas aussi bien que le by-pass, à ce que j'attends de cette opération : la chance d'une meilleure qualité de vie pour mes vieux jours. Dans le processus qui amènera, ou non, à l'opération, ce sera intéressant de bien étudier avec l'équipe les différentes options et de voir laquelle est réellement la mieux adaptée à mon cas...
Et voilà le point fondamental que met en avant l'intervention citée : l'équipe pluridisciplinaire et le temps pré-opératoire, nécessairement long. Ça tombe relativement bien, il se trouve que le CHU qui pratique ce type de prise en charge par chez moi a des délais réputés particulièrement longs : cela nous laissera tout le temps de bien réfléchir, de bien poser tous les jalons, de bien préparer le changement, et donc de réussir dans la durée ! Contrairement à beaucoup de personnes dont j'ai pu lire les interventions sur des forums ou des sites dédiés, je ne me sens pas dans l'urgence. Je sais que ma décision est prise, et je n'ai pas de problème majeur à traiter pour lesquels la perte de poids rapide soit une condition nécessaire, pour pouvoir avoir un enfant ou me sentir mieux dans mon corps, par exemple, du coup l'attente ne me fait pas peur. Elle sera juste l'occasion de me donner de meilleures garanties de réussite.
J'avais d'emblée évacué l'anneau, précisément pour les raisons qui sont évoquées dans la vidéo linkée : trop d'échecs à plus ou moins long terme. Confirmé par les retours d'expériences autour de moi... Or, si je saute le pas de me faire charcuter, ce n'est certainement pas pour rien. Il faut que les résultats soient définitifs (bon, pas au kilo près, je me doute bien que ça va d'abord baisser drastiquement, remonter un peu, puis se stabiliser, mais il faut que sur le long terme, le poids ne soit plus un risque pour mon confort de vie et pour ma vie tout court). L'objectif, c'est quand même que je puisse avoir une vie normale avec mes enfants et plus tard mes petits-enfants. Et éventuellement (même si c'est beaucoup plus abstrait dans mon esprit, du fait que je n'ai pas de problèmes majeurs de santé causés par l'obésité), que je les vois grandir, déjà... Donc exit l'anneau.
A priori, le by-pass me faisait un peu trop peur : c'est une opération plus lourde que la sleeve et avec un risque de carences marqué. Or, j'ai déjà naturellement un certain nombre de carences : calcium, magnésium et vitamine D ont du mal à se fixer, chez moi. Du coup, je ne suis pas sûre que ce soit l'option la plus indiquée pour moi. D'un autre côté, cette vidéo confirme ce que certains opérés m'avaient déjà dit : le by-pass est la chirurgie qui offre les meilleures garanties sur le long terme. Or, je le redis, ce qui m'intéresse, c'est le long terme...
La sleeve, qui avait a priori ma préférence, justement parce qu'elle ne présente pas les mêmes risques carentiels, a finalement l'inconvénient majeur de ne peut-être pas tout-à-fait répondre, ou en tout cas pas aussi bien que le by-pass, à ce que j'attends de cette opération : la chance d'une meilleure qualité de vie pour mes vieux jours. Dans le processus qui amènera, ou non, à l'opération, ce sera intéressant de bien étudier avec l'équipe les différentes options et de voir laquelle est réellement la mieux adaptée à mon cas...
Et voilà le point fondamental que met en avant l'intervention citée : l'équipe pluridisciplinaire et le temps pré-opératoire, nécessairement long. Ça tombe relativement bien, il se trouve que le CHU qui pratique ce type de prise en charge par chez moi a des délais réputés particulièrement longs : cela nous laissera tout le temps de bien réfléchir, de bien poser tous les jalons, de bien préparer le changement, et donc de réussir dans la durée ! Contrairement à beaucoup de personnes dont j'ai pu lire les interventions sur des forums ou des sites dédiés, je ne me sens pas dans l'urgence. Je sais que ma décision est prise, et je n'ai pas de problème majeur à traiter pour lesquels la perte de poids rapide soit une condition nécessaire, pour pouvoir avoir un enfant ou me sentir mieux dans mon corps, par exemple, du coup l'attente ne me fait pas peur. Elle sera juste l'occasion de me donner de meilleures garanties de réussite.
mercredi 26 novembre 2014
Jour 3 : de la beauté intérieure
Je parlais hier de cette étape fondamentale de l'acceptation de soi quand on est grosse : admettre que ce qui fait notre intérêt et notre richesse, ce sont nos qualités. C'est une réalité profonde, une des valeurs qui fondent ce que je suis et auxquelles je tiens. Valable pour tout un chacun, indépendamment de son poids, de son aspect physique, de ses "tares" ou de ses "handicaps" (ou du moins de ce qui est perçu comme tel dans notre société). La beauté physique n'apporte rien à la société, mais les qualités que recèle chaque individu la servent et l'enrichissent : n'est-ce pas, fondamentalement, ce qu'il y a de plus important au monde, d'être un élément constitutif de l'ensemble ? D'être utile à la communauté ?
Et pourtant, la notion de "beauté intérieure" me fait grimper au rideau... Ça peut paraître paradoxal, et en même temps pas tant que ça. Cette idée de beauté intérieure est en fait un concept qui ramène encore et toujours la focale sur la beauté extérieure. Comme si la seule chose qui avait de la valeur, c'était d'être beau. Comme si tout le reste n'existait pas ou n'était que quantité négligeable. Comme si être utile ne valait rien face à la sacro-sainte injonction à la beauté (et tant qu'à faire à la jeunesse).
Je crois qu'il n'y a pas grand chose que vous, les minces, puissiez dire de plus blessant à un gros que "Tu es tellement beau intérieurement !" Le fait même qu'il faille préciser est une insulte en soi. Quand je trouve une personne belle, ce n'est pas pour sa ressemblance avec la Vénus de Milo ou le Colosse de Rhodes... C'est pour ce qu'elle dégage, pour ce que son regard, son sourire, ses expressions, sa gestuelle disent d'elle, de ce qu'elle est, profondément. Je n'ai pas besoin de dire qu'elle est belle de l'intérieur. Elle est belle tout court. Parce que, à mes yeux, c'est cela et uniquement cela, la vraie beauté : ce que l'extérieur laisse apparaître de la richesse intérieure d'un individu. Vous pourrez avoir l'enveloppe la plus parfaite qui soit, si elle est vide ou remplie de préjugés, de haine, d'intolérance, de mesquinerie, de méchanceté, de défiance, d'orgueil, de mépris... vous ne serez jamais beau.
Peut-être est-ce là, en fait, la plus grande richesse des gros : être obligés de se confronter à ce qu'est réellement, profondément, la beauté pour s'accepter. Et par la même occasion, apprendre à la trouver chez les autres, à les accepter avec leurs propres imperfections, qui ne sont pas nécessairement les mêmes que les nôtres, mais qui n'en sont pas forcément moins pénibles à vivre, moins stigmatisées socialement, moins porteuses de fêlures.
Et c'est peut-être aussi pour ça que je suis prête, maintenant, à abandonner mon armure de chair. Parce que je n'en ai plus réellement besoin, au fond. Je n'ai plus besoin de prouver que j'existe en dehors du regard des autres : c'est un fait, ancré dans mes habitudes. Je n'ai plus vraiment peur de disparaître derrière une image.
PS : vous aurez tous reconnu Le Chat, de Philippr Gelück. Une de mes idoles !
Et pourtant, la notion de "beauté intérieure" me fait grimper au rideau... Ça peut paraître paradoxal, et en même temps pas tant que ça. Cette idée de beauté intérieure est en fait un concept qui ramène encore et toujours la focale sur la beauté extérieure. Comme si la seule chose qui avait de la valeur, c'était d'être beau. Comme si tout le reste n'existait pas ou n'était que quantité négligeable. Comme si être utile ne valait rien face à la sacro-sainte injonction à la beauté (et tant qu'à faire à la jeunesse).
Je crois qu'il n'y a pas grand chose que vous, les minces, puissiez dire de plus blessant à un gros que "Tu es tellement beau intérieurement !" Le fait même qu'il faille préciser est une insulte en soi. Quand je trouve une personne belle, ce n'est pas pour sa ressemblance avec la Vénus de Milo ou le Colosse de Rhodes... C'est pour ce qu'elle dégage, pour ce que son regard, son sourire, ses expressions, sa gestuelle disent d'elle, de ce qu'elle est, profondément. Je n'ai pas besoin de dire qu'elle est belle de l'intérieur. Elle est belle tout court. Parce que, à mes yeux, c'est cela et uniquement cela, la vraie beauté : ce que l'extérieur laisse apparaître de la richesse intérieure d'un individu. Vous pourrez avoir l'enveloppe la plus parfaite qui soit, si elle est vide ou remplie de préjugés, de haine, d'intolérance, de mesquinerie, de méchanceté, de défiance, d'orgueil, de mépris... vous ne serez jamais beau.
Peut-être est-ce là, en fait, la plus grande richesse des gros : être obligés de se confronter à ce qu'est réellement, profondément, la beauté pour s'accepter. Et par la même occasion, apprendre à la trouver chez les autres, à les accepter avec leurs propres imperfections, qui ne sont pas nécessairement les mêmes que les nôtres, mais qui n'en sont pas forcément moins pénibles à vivre, moins stigmatisées socialement, moins porteuses de fêlures.
Et c'est peut-être aussi pour ça que je suis prête, maintenant, à abandonner mon armure de chair. Parce que je n'en ai plus réellement besoin, au fond. Je n'ai plus besoin de prouver que j'existe en dehors du regard des autres : c'est un fait, ancré dans mes habitudes. Je n'ai plus vraiment peur de disparaître derrière une image.
PS : vous aurez tous reconnu Le Chat, de Philippr Gelück. Une de mes idoles !
mardi 25 novembre 2014
Jour 2 : eh non, je ne me sens pas moche...
Comme je le disais hier, il y a déjà quelques années que je dénie à quiconque la légitimité de considérer que je suis moche ou que je ne vaux rien uniquement sur des considérations de périmètre abdominal.
Arriver à se défaire du poids du regard social est un exercice de longue haleine, difficile, qui demande beaucoup d'introspection et de changer son propre regard. Beaucoup d'introspection parce qu'avant d'arriver à trouver la beauté dans un corps adipeux quand toute la société concourt à ne valoriser que la maigreur et à considérer l'excès comme une tare, il y a un long cheminement à faire sur toutes les qualités dont on dispose et qui n'ont rien à voir avec le physique. Il s'agit d'arriver à se dire, dans un premier temps, que le fait d'être grosse n'oblitère en rien tout le reste. Que c'est même un contresens de le croire : la minceur n'a jamais rendu les gens meilleurs, juste socialement mieux insérés. Apprendre à s'aimer pour tout ce qui a réellement de la valeur en soi, plutôt qu'à se haïr pour quelque chose qui n'a pas d'importance. Qui n'a aucune importance. Qui ne devrait avoir aucune importance.
Mon poids m'a-t-il empêchée de réussir brillamment mes études ? Non. M'a-t-il empêchée de devenir une bonne professionnelle ? Non. M'a-t-il empêchée de trouver du travail ? Non (mais il m'a fermé un certain nombre de portes, et aux Saint-Pierre de ces "Paradis" là, je veux juste dire qu'ils ont eu bien raison : on n'aurait pas pu travailler correctement ensemble, mon métier ne laisse pas de place aux préjugés...). M'a-t-il empêchée d'être aimée ? Non (et c'est seulement en sa compagnie que j'ai rencontré des hommes bien, vraiment bien...). M'a-t-il empêchée d'avoir des enfants ? Non. Socialement, mon poids n'a eu aucun impact majeur, il ne fait donc pas de moi une personne moins utile à la société qu'une autre, et donc moins estimable.
L'étape suivante, la plus difficile, c'est de changer sa propre perception esthétique, se détacher de tous ces canons fallacieux dont on nous abreuve à longueur de films, d'émissions, de pubs... Tout corps raconte une histoire, sauf à avoir été tellement refaçonné qu'il n'en est plus qu'artifices. C'est cette histoire qui fait la beauté d'un corps. Et c'est là, pour moi, l'occasion de vous présenter une artiste qui est arrivée au bon moment dans mon parcours, pile là où il fallait pour que son travail entre en résonance avec mon histoire.
Il y a deux ans, Jade Beall travaillait sur un projet qui a donné lieu à la publication en début d'année d'un recueil intitulé "Le Corps des mères". La somme d'un travail photographique magnifique et d'une très grande richesse visant à montrer, bien loin des poupées Barbie sur papier glacé qu'on nous assène à longueur d'images frelatées, combien le corps d'une mère est beau par son histoire. Or cette histoire est racontée par les traces laissées par ses modifications rapides et profondes. Vergetures, capitons, seins tombants, ventre mou deviennent autant de chapitres d'un livre d'une douceur et d'une tendresse inimaginables. Précisément à l'époque où elle développait ce travail, il y a environ deux ans donc, peu après la naissance de mon deuxième fils, j'étais dans une phase où justement j'apprenais à regarder avec tendresse et douceur ces morceaux de ma propre histoire imprimés pour toujours dans ma chair. Et à les aimer. Plus que l'élasticité de ma peau de jeune fille. Pile le bon moment...
Jade fait partie de ces artistes capables de changer le monde juste par le regard empreint de tendresse et de respect qu'ils posent sur tout un chacun, quels que soient son parcours ou son identité. Visiter son site, c'est retrouver toute la beauté que le monde recèle dans sa diversité, ses nuances et ses altérités. Jade fait partie de ces belles âmes qui nous apprennent que le regard social ne vaut rien s'il n'est pas respectueux et bienveillant. Et qui nous aident à changer de regard. Sur les autres. Et sur nous-mêmes...
Arriver à se défaire du poids du regard social est un exercice de longue haleine, difficile, qui demande beaucoup d'introspection et de changer son propre regard. Beaucoup d'introspection parce qu'avant d'arriver à trouver la beauté dans un corps adipeux quand toute la société concourt à ne valoriser que la maigreur et à considérer l'excès comme une tare, il y a un long cheminement à faire sur toutes les qualités dont on dispose et qui n'ont rien à voir avec le physique. Il s'agit d'arriver à se dire, dans un premier temps, que le fait d'être grosse n'oblitère en rien tout le reste. Que c'est même un contresens de le croire : la minceur n'a jamais rendu les gens meilleurs, juste socialement mieux insérés. Apprendre à s'aimer pour tout ce qui a réellement de la valeur en soi, plutôt qu'à se haïr pour quelque chose qui n'a pas d'importance. Qui n'a aucune importance. Qui ne devrait avoir aucune importance.
Mon poids m'a-t-il empêchée de réussir brillamment mes études ? Non. M'a-t-il empêchée de devenir une bonne professionnelle ? Non. M'a-t-il empêchée de trouver du travail ? Non (mais il m'a fermé un certain nombre de portes, et aux Saint-Pierre de ces "Paradis" là, je veux juste dire qu'ils ont eu bien raison : on n'aurait pas pu travailler correctement ensemble, mon métier ne laisse pas de place aux préjugés...). M'a-t-il empêchée d'être aimée ? Non (et c'est seulement en sa compagnie que j'ai rencontré des hommes bien, vraiment bien...). M'a-t-il empêchée d'avoir des enfants ? Non. Socialement, mon poids n'a eu aucun impact majeur, il ne fait donc pas de moi une personne moins utile à la société qu'une autre, et donc moins estimable.
L'étape suivante, la plus difficile, c'est de changer sa propre perception esthétique, se détacher de tous ces canons fallacieux dont on nous abreuve à longueur de films, d'émissions, de pubs... Tout corps raconte une histoire, sauf à avoir été tellement refaçonné qu'il n'en est plus qu'artifices. C'est cette histoire qui fait la beauté d'un corps. Et c'est là, pour moi, l'occasion de vous présenter une artiste qui est arrivée au bon moment dans mon parcours, pile là où il fallait pour que son travail entre en résonance avec mon histoire.
Il y a deux ans, Jade Beall travaillait sur un projet qui a donné lieu à la publication en début d'année d'un recueil intitulé "Le Corps des mères". La somme d'un travail photographique magnifique et d'une très grande richesse visant à montrer, bien loin des poupées Barbie sur papier glacé qu'on nous assène à longueur d'images frelatées, combien le corps d'une mère est beau par son histoire. Or cette histoire est racontée par les traces laissées par ses modifications rapides et profondes. Vergetures, capitons, seins tombants, ventre mou deviennent autant de chapitres d'un livre d'une douceur et d'une tendresse inimaginables. Précisément à l'époque où elle développait ce travail, il y a environ deux ans donc, peu après la naissance de mon deuxième fils, j'étais dans une phase où justement j'apprenais à regarder avec tendresse et douceur ces morceaux de ma propre histoire imprimés pour toujours dans ma chair. Et à les aimer. Plus que l'élasticité de ma peau de jeune fille. Pile le bon moment...
Jade fait partie de ces artistes capables de changer le monde juste par le regard empreint de tendresse et de respect qu'ils posent sur tout un chacun, quels que soient son parcours ou son identité. Visiter son site, c'est retrouver toute la beauté que le monde recèle dans sa diversité, ses nuances et ses altérités. Jade fait partie de ces belles âmes qui nous apprennent que le regard social ne vaut rien s'il n'est pas respectueux et bienveillant. Et qui nous aident à changer de regard. Sur les autres. Et sur nous-mêmes...
lundi 24 novembre 2014
Jour 1 : et la conscience fut !
Ce matin, j'ai appelé le cabinet de ma doc pour prendre un RV. Un RV dont je ne voulais pas entendre parler il y a encore quelques mois. Un RV que je rejetais de tout mon corps et de toute mon âme. Un RV qui me faisait peur et horreur. Parce qu'on va parler de me charcuter au plus profond de moi-même, de me mutiler... J'ai pris RV pour évoquer l'hypothèse d'une gastroplastie.
Flashback. Tout a commencé il y a vingt-quatre ans. J'étais jeune, plutôt jolie (en tout cas c'était ce que me renvoyait le regard social), relativement sportive, très bonne élève. J'avais 16 ans et j'étais extraordinairement mal dans ma peau. A l'époque, j'étais une cavalière passionnée, mais mon corps a commencé à me lâcher sournoisement : tendinites à répétition à la cheville gauche, dues à un déséquilibre entre les deux hanches et à une hyper-laxité des tendons. J'ai dû lever le pieds sur mes heures de sport toute l'année de première pour finalement abandonner totalement la pratique sportive l'année suivante. Et j'ai commencé à prendre du poids, insidieusement. De 60 kilos pour 1,68 m, je suis montée en deux ans à 68 kilos. Pas de quoi fouetter un poney, j'étais encore dans la sacro-sainte norme de l'IMC, je m'habillais facilement, et je ne me sentais pas si mal.
Arrive le temps de la fac, ses horaires décousus, ses finances limitées, ses soirées alcoolisées. Et toujours pas de sport. Là, le compteur a explosé : petit à petit, je suis montée jusqu'à 80 kilos, redescendue, remontée, redescendue. J'ai alterné des phases de boulimie et d'anorexie, tenté tous les régimes, des plus sérieux aux plus fantaisistes. Et l'aiguille montait, montait, montait, inexorablement. Plus je perdais de poids et plus j'en reprenais. Le fameux effet yo-yo. 15 ans de cette galère, et j'ai crevé le plafond, explosé les scores, j'ai dépassé les 100 kilos.
D'une certaine façon, c'est là que s'est joué le point de non-retour. Je découvrais les "joies" d'un job de cadre hyper stressant, avec là aussi des horaires complètement anarchiques, des nuits entrecoupées par les réveils en panique, la tête prise en permanence par des considérations professionnelles... Un corps qui prenait de plus en plus de place à mesure qu'il était de plus en plus oublié.
Et j'ai basculé du côté du lâcher prise. Après tout, "Mon corps, ma vie" : allez tous vous faire foutre ! Oui mais voilà, tout le monde te dit sans arrêt de lâcher prise, mais s'il y a bien un point sur lequel tu n'as pas ton mot à dire et tu seras toujours jugée, c'est quand tu lâches prise sur ton poids. Là, l'injonction est permanente, violente, intrusive. Tout le monde se sent autorisé à te balancer ses préjugés, à te dispenser ses précieux conseils de mince qui n'a pas la moindre idée de ce que c'est que de voir son corps se transformer au fil des années. Ni le pourquoi, ni le comment. Sans compter, bien sûr, les discriminations auxquelles tu te trouves confrontée régulièrement.
Alors j'ai commencé à accepter l'idée que j'étais grosse et que je le resterai. Que ceux qui y attachaient de l'importance n'avaient tout simplement pas leur mot à dire. Et que je n'avais qu'à ne pas tenir compte de leur avis. D'autant plus que je n'ai aucun problème de santé causé par l'obésité : pas de cholestérol, pas d'hypertension, pas de diabète. Des problèmes de dos et de chevilles et une apnée du sommeil antérieurs à la prise de poids, peut-être aggravés par celle-ci (du moins pour le dos et l'apnée : mes chevilles n'ont pratiquement plus jamais eu de soucis depuis que je suis obèse), mais rien n'est sûr en la matière. Et une doc parfaitement consciente qu'il n'y a pas d'urgence absolue à me faire perdre du poids puisque je suis bien dans cette peau-là et qu'on n'a pas de certitude que mes soucis de santé seraient améliorés par une masse adipeuse moins importante. J'ai eu des enfants, trois beaux garçons en pleine santé. Des hommes bien dans ma vie : un ex-mari, puis un amoureux avec lequel je suis bien depuis 5 ans. Bref, ça va plutôt pas mal, pas d'urgence, pas vraiment de raison valable de me pourrir la vie avec un énième régime, rééquilibrage alimentaire ou autre du même acabit... Et je fais plus de 120 kilos. Je n'ai toujours pas trop de mal à m'habiller, d'autant que je couds et que je me fais des tenues qui me plaisent et me vont bien.
Et puis voilà, autour de moi, les copines qui depuis quelques années passent le pas de la gastroplastie. Et pour qui ça se passe bien. La vie continue, changée, certes, mais belle aussi. Et puis les 40 ans. Et soudain la question, la seule qui vaille : aujourd'hui, je suis bien, mais dans 10 ans, dans 20 ans ? Est-ce que je serai encore capable de faire des choses avec mes enfants ? Est-ce que je devrai être appareillée ou au minimum marcher avec des cannes ? Est-ce que c'est vraiment ça que je veux ?
Alors voilà, ce matin, j'ai appelé le cabinet de ma doc et j'ai pris RV pour évoquer avec elle cette question de la gastroplastie. Parce que j'ai tout essayé des solutions strictement diététiques. Et que ça ne marche pas. Pas assez. Pas assez longtemps. Jamais. Alors aujourd'hui, c'est le premier jour d'un nouvel horizon : j'aurai ce premier entretien le 6 décembre. On verra déjà ce qu'elle, qui me connaît très bien, en pense. Ensuite il faudra que j'en parle avec ma psy. Et que je commence les démarches auprès du CHU. Le début d'un long chemin. Qui peut-être aboutira, et peut-être pas...
Flashback. Tout a commencé il y a vingt-quatre ans. J'étais jeune, plutôt jolie (en tout cas c'était ce que me renvoyait le regard social), relativement sportive, très bonne élève. J'avais 16 ans et j'étais extraordinairement mal dans ma peau. A l'époque, j'étais une cavalière passionnée, mais mon corps a commencé à me lâcher sournoisement : tendinites à répétition à la cheville gauche, dues à un déséquilibre entre les deux hanches et à une hyper-laxité des tendons. J'ai dû lever le pieds sur mes heures de sport toute l'année de première pour finalement abandonner totalement la pratique sportive l'année suivante. Et j'ai commencé à prendre du poids, insidieusement. De 60 kilos pour 1,68 m, je suis montée en deux ans à 68 kilos. Pas de quoi fouetter un poney, j'étais encore dans la sacro-sainte norme de l'IMC, je m'habillais facilement, et je ne me sentais pas si mal.
Arrive le temps de la fac, ses horaires décousus, ses finances limitées, ses soirées alcoolisées. Et toujours pas de sport. Là, le compteur a explosé : petit à petit, je suis montée jusqu'à 80 kilos, redescendue, remontée, redescendue. J'ai alterné des phases de boulimie et d'anorexie, tenté tous les régimes, des plus sérieux aux plus fantaisistes. Et l'aiguille montait, montait, montait, inexorablement. Plus je perdais de poids et plus j'en reprenais. Le fameux effet yo-yo. 15 ans de cette galère, et j'ai crevé le plafond, explosé les scores, j'ai dépassé les 100 kilos.
D'une certaine façon, c'est là que s'est joué le point de non-retour. Je découvrais les "joies" d'un job de cadre hyper stressant, avec là aussi des horaires complètement anarchiques, des nuits entrecoupées par les réveils en panique, la tête prise en permanence par des considérations professionnelles... Un corps qui prenait de plus en plus de place à mesure qu'il était de plus en plus oublié.
Et j'ai basculé du côté du lâcher prise. Après tout, "Mon corps, ma vie" : allez tous vous faire foutre ! Oui mais voilà, tout le monde te dit sans arrêt de lâcher prise, mais s'il y a bien un point sur lequel tu n'as pas ton mot à dire et tu seras toujours jugée, c'est quand tu lâches prise sur ton poids. Là, l'injonction est permanente, violente, intrusive. Tout le monde se sent autorisé à te balancer ses préjugés, à te dispenser ses précieux conseils de mince qui n'a pas la moindre idée de ce que c'est que de voir son corps se transformer au fil des années. Ni le pourquoi, ni le comment. Sans compter, bien sûr, les discriminations auxquelles tu te trouves confrontée régulièrement.
Alors j'ai commencé à accepter l'idée que j'étais grosse et que je le resterai. Que ceux qui y attachaient de l'importance n'avaient tout simplement pas leur mot à dire. Et que je n'avais qu'à ne pas tenir compte de leur avis. D'autant plus que je n'ai aucun problème de santé causé par l'obésité : pas de cholestérol, pas d'hypertension, pas de diabète. Des problèmes de dos et de chevilles et une apnée du sommeil antérieurs à la prise de poids, peut-être aggravés par celle-ci (du moins pour le dos et l'apnée : mes chevilles n'ont pratiquement plus jamais eu de soucis depuis que je suis obèse), mais rien n'est sûr en la matière. Et une doc parfaitement consciente qu'il n'y a pas d'urgence absolue à me faire perdre du poids puisque je suis bien dans cette peau-là et qu'on n'a pas de certitude que mes soucis de santé seraient améliorés par une masse adipeuse moins importante. J'ai eu des enfants, trois beaux garçons en pleine santé. Des hommes bien dans ma vie : un ex-mari, puis un amoureux avec lequel je suis bien depuis 5 ans. Bref, ça va plutôt pas mal, pas d'urgence, pas vraiment de raison valable de me pourrir la vie avec un énième régime, rééquilibrage alimentaire ou autre du même acabit... Et je fais plus de 120 kilos. Je n'ai toujours pas trop de mal à m'habiller, d'autant que je couds et que je me fais des tenues qui me plaisent et me vont bien.
Et puis voilà, autour de moi, les copines qui depuis quelques années passent le pas de la gastroplastie. Et pour qui ça se passe bien. La vie continue, changée, certes, mais belle aussi. Et puis les 40 ans. Et soudain la question, la seule qui vaille : aujourd'hui, je suis bien, mais dans 10 ans, dans 20 ans ? Est-ce que je serai encore capable de faire des choses avec mes enfants ? Est-ce que je devrai être appareillée ou au minimum marcher avec des cannes ? Est-ce que c'est vraiment ça que je veux ?
Alors voilà, ce matin, j'ai appelé le cabinet de ma doc et j'ai pris RV pour évoquer avec elle cette question de la gastroplastie. Parce que j'ai tout essayé des solutions strictement diététiques. Et que ça ne marche pas. Pas assez. Pas assez longtemps. Jamais. Alors aujourd'hui, c'est le premier jour d'un nouvel horizon : j'aurai ce premier entretien le 6 décembre. On verra déjà ce qu'elle, qui me connaît très bien, en pense. Ensuite il faudra que j'en parle avec ma psy. Et que je commence les démarches auprès du CHU. Le début d'un long chemin. Qui peut-être aboutira, et peut-être pas...
La démarche
C'est l'histoire d'une fille, enfin d'une femme, qui a lutté contre les kilos, qui a arrêté de lutter contre les kilos et qui, à l'aube de la quarantaine, s'est dit que c'était maintenant ou jamais.
C'est l'histoire d'une femme qui, comme beaucoup d'autres, a souffert du regard social sur l'obésité puis a décidé de ne pas en tenir compte. Mais qui, à l'aube de la quarantaine, a réalisé que l'avenir se jouait maintenant.
C'est l'histoire d'une grosse ordinaire, qui milite pour le droit d'être considérée pour tout ce qu'elle est et pas seulement pour un périmètre abdominal.
C'est l'histoire d'une grosse ordinaire qui a réalisé que son combat pour changer le regard social est légitime, mais qui se demande si à 50, 60, 70, 80, 90 ans (on vit vieux dans la famille), sa vie de grosse ne deviendra pas un enfer non pas à cause du regard social mais des limitations de la vieillesse conjuguées sur le mode de l'obésité...
Bref, c'est mon histoire.
C'est l'histoire d'une femme qui, comme beaucoup d'autres, a souffert du regard social sur l'obésité puis a décidé de ne pas en tenir compte. Mais qui, à l'aube de la quarantaine, a réalisé que l'avenir se jouait maintenant.
C'est l'histoire d'une grosse ordinaire, qui milite pour le droit d'être considérée pour tout ce qu'elle est et pas seulement pour un périmètre abdominal.
C'est l'histoire d'une grosse ordinaire qui a réalisé que son combat pour changer le regard social est légitime, mais qui se demande si à 50, 60, 70, 80, 90 ans (on vit vieux dans la famille), sa vie de grosse ne deviendra pas un enfer non pas à cause du regard social mais des limitations de la vieillesse conjuguées sur le mode de l'obésité...
Bref, c'est mon histoire.
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